A l’initiative de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, Nicolas Sarkozy a déjeuné jeudi 16 décembre avec plusieurs grands acteurs du Web français.
Au total, huit blogueurs et professionnels du secteur ont été invités par le chef de l’Etat à un déjeuner à l’Elysée, jeudi midi.
Cette rencontre informelle intervient au lendemain de l’annonce du délai de six mois supplémentaires avant la mise en place de la taxe Google en juillet prochain.
Or cette taxe de 1% sur la publicité en ligne fait grincer des dents les acteurs du net qui estiment peu logique que le secteur bénéficie d’un côté d’aides spécifiques et soit par ailleurs pénalisé par une nouvelle taxe qui concernera tous les acteurs du Net sauf Google malgré le nom de la mesure votée.
» On mange très bien à l’Elysée ! » (Maître Eolas)
Au cours du déjeuner Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi son intention de créer un Conseil numérique «plus formé de représentants de l’Internet que de fonctionnaires» .
Ce conseil qui devrait être mis en place rapidement serait «consulté sur tout projet de texte portant sur l’Internet» ont indiqué les convives.
«Ce serait une très bonne idée de le faire avec des professionnels ». Pour Hadopi, ils n’avaient pas été consultés. A suivre» a déclaré Jean-Baptiste Descroix-Vernier, fondateur de Rentabiliweb à l’AFP.
Par ailleurs, une loi Hadopi 3 a été annoncée au cours du déjeuner «Nicolas Sarkozy est conscient que Hadopi « n’est pas parfait » et souhaite un Hadopi 3 plus adapté» a expliqué Eric Dupin sur Twitter.
Nicolas Sarkozy avait pourtant de la loi Hadopi l’un des mesures phares de son quinquennat.
Nicolas Vanbremeersch a indiqué à l’AFP «Je pense que Nicolas Sarkozy a envie de reprendre la main sur ces sujets (Internet), il se rend compte qu’un certain nombre de lois comme Hadopi ne passent pas auprès de la communauté de gens du numérique».
Maître Eolas invité jeudi à l’Elysé a indiqué à France Soir « On mange très bien à l’Elysée ! (…) Le président nous a mis à l’aise tout de suite, en nous demandant de nous exprimer librement. Il n’y avait pas de protocole particulier. C’était très vivant. Le président est très à l’aise, y compris dans la controverse.
Les Sujets abordés « L’entrepreneuriat et l’économie du web, tout d’abord, et ses répercussions fiscales pour la France. Sur ce point, Xavier Niel, Jean-Michel Planche et Jacques-Antoine Granjon ont beaucoup parlé et fait passer le message qu’il fallait que l’Etat lève au maximum les obstacles fiscaux pour les start-up. Ils ont appelé le président à revenir sur certaines réformes récentes dans le domaine (la réforme du statut JEI, ndlr). »
Il ajoute « Dans un deuxième temps, la régulation de l’internet a été abordée, notamment la Loppsi 2. Je suis intervenu pour pointer les dangers liés à la différence entre le contenu réel d’une loi et sa perception par le public. Quand on flique internet, les gens ont l’impression qu’on les flique, eux ».
Maître Eolas a ajouté « L’article sur la procédure de blocage des sites sans faire appel à un juge, a été très critiqué. Hadopi 1 s’est fait ramassée à cause de ça. Je remarque que Claude Guéant en a bien pris note. Mais c’est triste de voir que des gens invités à un déjeuner font mieux passer le message que des députés dans l’Hémicycle ».
Il estime par ailleurs « A titre personnel, j’en ressens un profond malaise. Le droit d’auteur a également été discuté. A la fin, Nicolas Sarkozy a livré ses conclusions, mais nous ne sommes pas dupes, elles étaient écrites à l’avance car certains sujets n’avaient pas été abordés ».
Conscient que la conquête d’Internet sera déterminante auprès d’une partie de l’opinion publique pour 2012, Nicolas n’a pas oublié que lors de la dernière élections présidentielle américaine Barack Obama a su s’imposer notamment grâce aux réseaux sociaux qui ont relayé son message.
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